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beaux textes

Dimanche 28 janvier 2007

En apprenant la mort présumée de son cher et tendre époux Thésée, Phèdre avoue son amour à Hyppolite, le fils de Thésée... Hyppolite n'en croit pas ses oreilles... Phèdre lui répond :

 

Ah ! Cruel, tu m' as trop entendue.
Je t' en ai dit assez pour te tirer d' erreur.
Hé bien ! Connois donc Phèdre et toute sa fureur.
J' aime. Ne pense pas qu' au moment que je t' aime,
innocente à mes yeux, je m' approuve moi-même ;
ni que du fol amour qui trouble ma raison
ma lâche complaisance ait nourri le poison.
Objet infortuné des vengeances célestes,
je m' abhorre encor plus que tu ne me détestes.
Les dieux m' en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc
ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;
ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle
de séduire le coeur d' une foible mortelle.
Toi-même en ton esprit rappelle le passé.
C' est peu de t' avoir fui, cruel, je t' ai chassé ;
j' ai voulu te paroître odieuse, inhumaine ;
pour mieux te résister, j' ai recherché ta haine.
De quoi m' ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssois plus, je ne t' aimois pas moins.
Tes malheurs te prêtoient encor de nouveaux charmes.
J' ai langui, j' ai séché, dans les feux, dans les larmes.
Il suffit de tes yeux pour t' en persuader,
si tes yeux un moment pouvoient me regarder.
Que dis-je ? Cet aveu que je te viens de faire,
cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ?
Tremblante pour un fils que je n' osois trahir,
je te venois prier de ne le point haïr.
Foibles projets d' un coeur trop plein de ce qu' il aime !
Hélas ! Je ne t' ai pu parler que de toi-même.
Venge-toi, punis-moi d' un odieux amour.
Digne fils du héros qui t' a donné le jour,
délivre l' univers d' un monstre qui t' irrite.
La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !
Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t' échapper.
Voilà mon coeur. C' est là que ta main doit frapper.
Impatient déjà d' expier son offense,
au-devant de ton bras je le sens qui s' avance.
Frappe. Ou si tu le crois indigne de tes coups,
si ta haine m' envie un supplice si doux,
ou si d' un sang trop vil ta main seroit trempée,
au défaut de ton bras prête-moi ton épée.

Donne

joli non ?
Par Gaby et Thierry
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Vendredi 22 décembre 2006

Le voyage est court. Essayons de le faire en première classe.
                                             [ Philippe Noiret ]

de bonnes fêtes de fin d'année à vous et à l'année prochaine......

 ben oui eh.... vacances obligent....... bises à nos lectrices pour les lecteurs une franche poignée de main fera l'affaire, gaby.


 

Par Gaby et Thierry
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Dimanche 17 décembre 2006

une traduction de la chanson de Leonard Cohen.

 

 


Hallelujah
 

J'ai entendu qu'il y avait un accord secret

Que David jouait et cela plaisait au Seigneur

Mais la musique te laisse tout à fait indifférente, n'est-ce pas

Ca fait un peu comme cela, la quarte, la quinte

L'accord mineur tombe et l'accord majeur s'élève

Le roi déchu compose l'hallelujah

 

Hallelujah, hallelujah, hallelujah, hallelujah...

 

Ta foi était forte mais tu avais besoin de preuves

Tu l'as vu se baignant sur la terrasse

Sa beauté et le clair de lune t'ont renversé

Elle t'a attaché sur sa chaise de cuisine

Elle a cassé ton trône et coupé tes cheveux

Et de tes lèvres elle a tiré hallelujah

 

Hallelujah, hallelujah, hallelujah, hallelujah...

 

Mon amour, je suis déjà venu ici

Je connais cette pièce et j'ai marché sur ce sol

Je vivais seul avant de te rencontrer

J'ai vu ton drapeau sur ton arche de marbre

Mais l'amour n'est pas une marche de victoire

C'est un hallelujah froid et brisé

 

Hallelujah, hallelujah, hallelujah, hallelujah...

 

Il fut un temps où tu me laissais savoir

Ce qui se passait vraiment dessous tout ça

Mais maintenant tu ne me montres plus jamais ça, n'est-ce pas

Mais souviens-toi du moment où je bougeais en toi

Et la sainte colombe aussi

Et chaque souffle que nous respirions était un hallelujah

 

Hallelujah, hallelujah, hallelujah, hallelujah...

 

Bien, il y a peut-être un dieu là-haut

Mais tout ce que j'ai appris de l'amour

Etait comment tuer quelqu'un qui t'as surpassé

Ce ne sont pas des pleurs que tu entends la nuit

Ce n'est pas quelqu'un qui a vu la lumière

C'est un hallelujah froid et brisé

 

Hallelujah, hallelujah, hallelujah, hallelujah... .

Par Gaby et Thierry
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Mercredi 13 décembre 2006

Kipling.. vous savez Kipling celui qui écrivit aussi le livre de la jungle... et oui.. j'aime de temps en temps lire ce texte à mes élèves stagiaires.

SI....

 

 

 

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir, Si tu peux être amant sans être fou d’amour ; Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre Et , te sentant haï, sans haïr à ton tour, Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles Travesties par des gueux pour exciter des sots, Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles, Sans mentir toi-même d’un mot ; Si tu peux rester digne en étant populaire, Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois Et si tu peux aimer tous tes amis en frères, Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;
 
Si tu sais méditer, observer et connaître, Sans jamais devenir sceptique ou destructeur Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître, Penser, sans n’être qu’un penseur ; Si tu peux être dur sans jamais être en rage, Si tu peux être brave et jamais imprudent, Si tu peux être bon, si tu sais être sage, Sans être moral ni pédant ;
 
Si tu peux rencontrer triomphe après défaite Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, Si tu peux conserver ton courage et ta tête Quand tous les autres les perdront ; Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire Seront à tout jamais tes esclaves soumis Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un Homme, mon fils.
 
voilà, tout simplement, gaby.

 

 

 

Par Gaby et Thierry
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Vendredi 8 décembre 2006
Mon rêve familier

 

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,

Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent

Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? - Je l'ignore.

Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore

Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,

Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

Par Gaby et Thierry
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